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24 nov. 20253 min de lecture


4 nov. 20253 min de lecture

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Certaines réformes fiscales ne créent pas de nouveaux impôts.Elles modifient plutôt la manière dont circulent les flux financiers.
La directive européenne FASTER (Faster and Safer Relief of Excess Withholding Taxes) appartient clairement à cette catégorie.
Adoptée par le Conseil de l’Union européenne en mai 2024, cette directive vise à simplifier la fiscalité applicable aux dividendes et intérêts transfrontaliers tout en renforçant la lutte contre certains schémas d’optimisation abusive révélés par les scandales fiscaux CumEx et CumCum.
Si le sujet reste encore peu médiatisé auprès du grand public, il fait en revanche l’objet de nombreuses discussions ces dernières semaines parmi les fiscalistes, banques dépositaires et professionnels de la gestion de patrimoine.
Pour les dirigeants, actionnaires et familles disposant d’un patrimoine financier international, cette réforme pourrait progressivement transformer la manière dont les flux de dividendes sont perçus et fiscalisés.
Lorsqu’un investisseur perçoit un dividende d’une société étrangère, l’État dans lequel cette société est située applique généralement une retenue à la source.
Cette retenue correspond à un prélèvement fiscal effectué directement au moment du paiement du dividende.
Dans de nombreux pays, ce taux peut atteindre 25 % à 35 %.
Or, les conventions fiscales bilatérales signées entre États prévoient généralement un taux réduit pour les investisseurs étrangers.Ce taux conventionnel se situe souvent autour de 15 %.
En théorie, l’investisseur ne devrait donc supporter que ce taux réduit.
Dans la pratique, les choses sont plus complexes.
Le dividende est souvent versé avec la retenue maximale appliquée par le pays d’origine.
L’investisseur doit ensuite entreprendre une procédure administrative pour récupérer la différence entre :
le taux appliqué
le taux prévu par la convention fiscale.
Cette procédure implique généralement :
des formulaires fiscaux spécifiques
l’intervention de la banque dépositaire
la transmission de certificats de résidence fiscale
parfois l’intervention d’intermédiaires spécialisés.
Les délais de remboursement peuvent atteindre 12 à 36 mois, voire davantage selon les pays.
Pour les investisseurs disposant de portefeuilles internationaux significatifs, cette situation crée une inefficacité financière importante.
La directive FASTER vise à harmoniser et accélérer ces procédures dans l’ensemble de l’Union européenne.
Elle repose sur trois innovations majeures.
Les investisseurs pourront disposer d’un certificat de résidence fiscale numérique standardisé.
Ce document permettra de prouver immédiatement leur résidence fiscale auprès des autorités fiscales étrangères.
Aujourd’hui, ces certificats sont souvent délivrés au format papier et doivent être renouvelés régulièrement.
La digitalisation de ce document constitue un élément clé de la réforme.
La directive introduit un mécanisme appelé “relief at source”.
Ce système permettrait d’appliquer directement le taux de retenue prévu par la convention fiscale au moment du paiement du dividende.
Autrement dit, l’investisseur ne subirait plus la retenue maximale avant de demander un remboursement.
Lorsque la retenue excédentaire est malgré tout appliquée, les administrations fiscales devront mettre en place une procédure de remboursement rapide.
La directive prévoit un délai cible d’environ 50 jours pour traiter ces demandes.
Ce délai est très inférieur aux pratiques actuelles.
Si la directive vise à simplifier la vie des investisseurs, elle répond également à une autre préoccupation majeure des autorités européennes : la lutte contre certaines fraudes fiscales.
Les scandales CumEx et CumCum, révélés à partir de 2018, ont mis en lumière des montages permettant à certains acteurs financiers de réclamer plusieurs fois le remboursement d’une même retenue à la source.
Ces mécanismes ont coûté plusieurs milliards d’euros aux États européens.
La directive FASTER introduit donc également :
une certification des intermédiaires financiers
une traçabilité renforcée des chaînes de détention
de nouvelles obligations déclaratives.
L’objectif est de sécuriser les flux fiscaux tout en simplifiant les procédures légitimes.
Pour les dirigeants d’entreprise, entrepreneurs ayant cédé leur société ou familles disposant d’un patrimoine financier international, cette réforme pourrait produire plusieurs effets structurants.
Les retenues à la source excessives représentent aujourd’hui un coût invisible mais réel pour les investisseurs.
Même lorsqu’elles sont remboursées, elles immobilisent des capitaux pendant plusieurs mois, ce qui pénalise la performance globale du portefeuille.
La simplification des procédures devrait permettre :
de réduire ces pertes temporaires de liquidité
d’améliorer la visibilité sur les flux de dividendes
de faciliter l’allocation internationale des portefeuilles.
La mise en œuvre de la directive nécessitera des adaptations importantes pour les banques dépositaires et les plateformes d’investissement.
Les établissements financiers devront notamment :
obtenir une certification en tant qu’intermédiaire financier
mettre en place des systèmes de déclaration harmonisés
renforcer la traçabilité des opérations.
Tous les acteurs ne seront pas prêts au même moment.
Dans les prochaines années, la qualité de l’infrastructure financière pourrait donc devenir un facteur déterminant dans l’efficacité fiscale d’un portefeuille international.
La directive implique également une meilleure identification des investisseurs finaux.
Certaines structures intermédiaires historiquement utilisées dans l’investissement international pourraient perdre de leur intérêt.
Cette évolution renforce l’importance d’une structuration patrimoniale cohérente et transparente.
Prenons le cas d’un dirigeant ayant cédé son entreprise industrielle et disposant d’un patrimoine financier de 12 millions d’euros.
Son allocation d’actifs comprend :
5 millions d’euros en actions internationales
4 millions d’euros en obligations et fonds
3 millions d’euros en immobilier.
Les actions internationales génèrent environ 120 000 € de dividendes annuels.
Une partie de ces dividendes provient de sociétés situées dans différents pays européens.
Certains États appliquent une retenue à la source de 30 %, alors que la convention fiscale prévoit un taux de 15 %.
Le dirigeant subit donc initialement un prélèvement excessif.
La récupération de la différence nécessite :
des démarches administratives
l’intervention de la banque dépositaire
plusieurs mois de traitement.
Pendant ce temps, la trésorerie correspondante reste immobilisée.
Avec la mise en œuvre de la directive, deux scénarios deviendraient possibles :
application directe du taux conventionnel au moment du versement
remboursement accéléré lorsque la retenue excessive est appliquée.
Le dirigeant bénéficierait alors :
d’une meilleure visibilité sur ses flux de dividendes
d’une simplification administrative
d’une optimisation de la liquidité de son portefeuille.
La réforme ne crée pas un avantage fiscal supplémentaire.
Elle corrige surtout une inefficacité structurelle du système actuel.
Plusieurs interprétations circulent déjà dans certains commentaires.
Il est important de clarifier plusieurs points.
Les conventions fiscales existantes restent inchangées.
La directive ne modifie pas les taux applicables aux dividendes.
Elle vise uniquement à simplifier les procédures de remboursement.
Les États membres doivent adapter leurs systèmes fiscaux et leurs infrastructures administratives.
La mise en œuvre complète pourrait s’étaler jusqu’à la fin de la décennie.
Les intermédiaires financiers devront obtenir une certification et adapter leurs systèmes.
Pendant la phase de transition, des écarts d’efficacité pourraient apparaître entre établissements.
Plusieurs évolutions seront déterminantes dans les prochaines années.
Les points d’attention principaux concernent :
la transposition nationale de la directive dans chaque État membre
les modalités de certification des intermédiaires financiers
l’organisation des registres européens d’intermédiaires
les premières expérimentations opérationnelles dans les systèmes bancaires.
Ces éléments détermineront l’impact concret de la réforme pour les investisseurs.
Les grandes évolutions fiscales européennes ne prennent pas toujours la forme de nouveaux impôts.
Certaines réformes modifient plutôt les mécanismes techniques qui encadrent les flux financiers.
La directive FASTER illustre cette dynamique.
Elle rappelle une réalité essentielle en ingénierie patrimoniale : la performance d’un patrimoine ne dépend pas uniquement de l’allocation d’actifs.
Elle dépend aussi de l’efficacité de l’architecture juridique, fiscale et financière qui porte ces investissements.
Dans ce contexte, l’anticipation reste toujours préférable à l’adaptation tardive.
Comprendre les évolutions réglementaires permet souvent d’ajuster la structuration patrimoniale avant que ces changements ne deviennent pleinement opérationnels.
Comprendre les cycles juridiques et fiscaux pour mieux structurer, dans la durée.
Rautmann & Collins
Information générale, non personnalisée.Cet article ne constitue pas un conseil individualisé.Toute décision nécessite une analyse adaptée à votre situation spécifique.Intervention dans un cadre réglementé (CIF, IAS, conformité AMF/ACPR).
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